Transmission et intégration du message nociceptif :
physiologie de la douleur aiguë et chronique
Bernard CALVINO
Laboratoire de Neurobiologie
Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la Ville de Paris, UMR 7637 CNRS
Les principaux éléments sous-tendant les mécanismes physiologiques de la douleur sont présentés dans cette communication. Selon la définition de l’IASP (International Association for the Study of Pain), la douleur est « une sensation désagréable et une expérience émotionnelle en réponse à une atteinte tissulaire réelle ou potentielle ou décrite en ces termes ». La douleur est donc une expérience s’articulant autour de quatre composantes fondamentales : (i) sensori-discriminative ; (ii) affective et émotionnelle ; (iii) cognitive et (iv) comportementale. Le terme de « nociception » caractérise la composante sensori-discriminative de la douleur, en relation avec le fait qu’elle met en jeu des stimulations sensorielles de forte intensité, celles qui sont « susceptibles de remettre en cause l’intégrité physique de l’organisme ». D’un point de vue physiologique, une stimulation périphérique nociceptive déclenche une cascade d’évènements conduisant à l’intégration des informations codant pour les différents aspects de la douleur: cette cascade met en jeu des récepteurs (nocicepteurs périphériques), des voies médullaires ascendantes, des relais dans l’encéphale intégrant ces informations douloureuses (principalement au niveau du tronc cérébral et du thalamus) et enfin des sites de projection corticaux (cortex somesthésiques primaire et secondaire, mais aussi insulaire et cingulaire).Des perturbations peuvent être à l’origine du prolongement dans le temps du processus à l’origine de la douleur conduisant au développement d’une douleur chronique, qui laisse le plus souvent le thérapeute désarmé et pour laquelle l’apport de la recherche n’en est encore qu’à ses balbutiements. La douleur perd alors sa signification de signal d’alarme pour évoluer vers un véritable syndrome chronique dont les effets délétères sont le plus souvent handicapants. La douleur chronique résulte de processus de sensibilisation périphérique (inflammation, lésion de nerf) et centrale (neuroplasticité).
mardi 5 mai 2009, de 9h30 à 18h
Académie des sciences, Grande salle des séances, Institut de France, 23 quai de Conti, 75 006 Paris
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