Extrait du dossier de presse concernant les nanobiotechnologies appliquées à la santé en marge du congrès NanobioEurope qui se déroule au centre CEA de Grenoble du 16 au 18 juin 2009.
Les nanobiotechnologies au service de la santé au CEA
Les Technologies de l’Information et de la Santé (TIS) constituent, avec l’énergie et la défense / sécurité, l’un des trois axes majeurs de la recherche au CEA. Deux pôles du CEA collaborent au développement des technologies pour la santé : la Direction des Sciences du Vivant et la Direction de la Recherche
Technologique. Au sein de cette dernière, le Léti (Laboratoire d’électronique et de technologie de l’information), situé au coeur du Pôle d’innovation Minatec®, à Grenoble, est le laboratoire où est concentré le plus fort investissement en micro et nanotechnologies pour la santé.
Des outils d’analyse, de diagnostic et de traitement plus performants
Les avancées des nanotechnologies peuvent être très utiles à toutes les étapes de la prise en charge du patient : identification de la maladie, localisation, choix des traitements et suivi des effets de la thérapie sur la maladie et sur le patient.
Les applications prometteuses pour le diagnostic in vitro issues des développements en cours des nanotechnologies sont nombreuses. Elles permettent :
· d’effectuer des analyses biomédicales sur des échantillons biologiques dits « précieux » et rares tels que les cellules foetales ou les cellules du cordon ombilical, tout en étant moins invasif ;
· d’analyser des biopsies2 de très petite taille ;
· d’obtenir une analyse dite « multiplexée », où plusieurs paramètres sont mesurés simultanément sur le même échantillon, économisant ainsi ces prélèvements ;
· d’analyser et manipuler à grande échelle des cellules individualisées et vivantes ;
· d’obtenir une information plus rapidement et d’adapter le traitement en conséquence.
L’utilisation d’électrodes nanostructurées dans le dispositif NeuroLink pour enregistrer in vivo l’activité cérébrale
Les déficits neurologiques moteurs (notamment postraumatiques) ou sensoriels (vision, audition) peuvent être compensés par des neuroprothèses. Celles-ci nécessitent l’acquisition des signaux neuronaux à l’aide d’électrodes biocompatibles et le traitement des informations grâce à des dispositifs électroniques miniaturisés pour piloter les neuroprothèses. Un des enjeux actuels en Neurosciences est de pouvoir enregistrer in-vivo les activités de groupes de neurones avec une qualité de signal stable dans le
temps. Le projet Neurolink entend répondre à cette attente. Il vise à développer des réseaux d’électrodes
souples et nanostructurées, placées en surface du cortex, sous le crâne pour enregistrer l’activité cérébrale.
L’acquisition de ces signaux bioélectriques de qualité constitue une brique technologique essentielle pour la construction d’une interface cerveau-dispositif.
Les informations obtenues permettront la commande d’un système externe. Ce projet bénéficie d’un soutien de l’ANR-PNANO et du pole Minalogic.
Le CEA est en effet un des rares organismes européens à réunir des chercheurs en sciences du vivant et en recherche technologique. C’est notamment pour cette raison qu’il s’est vu confier l’animation du réseau européen Nano2life de 2004 à 2008.
Des travaux de recherche originaux sont également rendus possibles par le caractère interdisciplinaire des équipes. Par exemple, l’étude de la conformation de protéines enroulées sur des nanotubes (un exemple précis de l’interaction entre un nano-objet et le vivant) associe des experts de biologie et de
nanocaractérisation.
Le CEA développe des procédés industriels destinés à réduire les risques de contact avec des nanoparticules
Dans son rôle de fournisseur de solutions technologiques à l’industrie, le CEA de Grenoble mène des actions focalisées sur le développement de procédés destinés à réduire les risques tout au long du cycle de vie des nano-objets : fabrication, insertion éventuelle dans des objets macroscopiques, usage, traitement après usage.
Le CEA est leader du projet européen Nanosafe 2 qui couvre tous ces aspects.
Parmi les concepts nouveaux introduits pour réduire les risques de contact avec des nanoparticules :
· des procédés de fabrication « en phase liquide » dans lesquels les nanoparticules, hors des équipements, ne quittent jamais le liquide qui leur sert de support, ce qui permet d’annuler le risque d’inhalation ;
· des procédés de traçage de nanoparticules. Il s’agit de marquer les nanoparticules pour assurer, malgré leur taille et leur indiscernabilité naturelle, leur localisation, leur identification, leur comptage.
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