Maladies graves et éthique

ENJEUX ETHIQUES DU PROGRES DANS LE CHAMP DE LA SANTE ET DES MALADIES GRAVES
Le Professeur AUBRY préside un congrès médical le vendredi 5 février au sujet de la médecine palliative.

La lettre du Congrès Est-ce ce tout ce qui est possible du fait du progrès scientifique doit être réalisé ? Il existe un hiatus entre une médecine moderne qui fabrique de la survie et une société qui demande à ne pas souffrir quitte à hâter la survenue de la mort. C’est que la survie fabriquée par « l’homme moderne » et sa maîtrise scientifique est souvent complexe ; parfois, face à cette complexité souvent impensée le même « homme moderne » ne cherche-t-il pas à escamoter sa responsabilité en imaginant que la mort donnée, après que la vie eût été prolongée, puisse avoir un sens et être une réponse à la souffrance? Il existe un second hiatus entre ce que peut le progrès et ce qu’imposent les contraintes économiques. Aurons-nous demain les moyens de nos ambitions, de nos savoirs et de nos capacités? Il est donc urgent que nous nous interrogions sur l’éthique du progrès.

Comment peuvent se conjuguer progrès et vieillissement, progrès et vulnérabilité par la maladie chronique ou le handicap ? Dans une société qui promeut l’autonomie de la personne, quelle est l’autonomie de la personne gravement malade ? Est-ce que les « droits des malades » n’entrent pas parfois en contradiction avec les devoirs de la société (devoir d’assistance ; interdit de meurtre) ? Est-ce que l’autonomie ne peut conduire à la solitude et la solitude à l’exclusion Ne devons nous pas enseigner l’approche de l’incertitude en médecine; apprendre à marcher sur la ligne de crête des limites des savoirs et des limites de la vie ? Ne devrons-nous pas opérer des choix dans le financement du progrès? Choix par exemple entre le financement de prouesses technoscientifiques et la garantie d’une égalité d’accès pour tous au soin. Si nous ne posons pas ces questions, ou si nous les maintenons encloses dans un cercle « d’experts », nous pourrions constater l’émergence et le développement d’un ostracisme voire d’une tentation eugéniste d’un coté, et de l’autre d’une culpabilité, une marginalisation, voire une exclusion du fait de la dépendance engendrée par la maladie, des coûts liés à la maladie ou au handicap…

Plus d’informations : http://www.congresleclef.jimdo.com

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