GROSSESSE, PERINATALITE ET PREVENTION PRECOCE

La prévention en périnatalité passe par le partenariat avec les parents et le réseau périnatal. Une solution : informer dès le début de la grossesse, une sage femme peut rencontrer le couple pour dialoguer lors de l’entretien du 4ème mois ( 100% SS).

La loi HPTS met la sage femme au coeur du réseau de SANTE DES FEMMES. Déjà en 2004 elle devenait le pilier de la Prévention périnatale. En offrant un entretien individuel au couple ou à la future mère le Plan de Périnatalité 2004-2007 a enfin ouvert la possibilité de collaborer réellement avec les parents en amont de la naissance. En disposant d’une heure pour les écouter, il s’agissait de les faire partenaires du projet de naissance concernant la prévention médicale, sociale ou psychologique.

La qualité de ce moment d’échanges au premier trimestre de la grossesse, permet d’abord de lever les craintes majeures qui président au premier trimestre de la grossesse et d’accompagner les décisions personnelles, médicales ou professionnelles qui résultent de ce changement : arrête du tabac, alcool zéro, précautions d’hygiène de vie, bilan sanguin qui va conditionner traitement nouveau diabète, anémie , drépanocytose, prise médicamenteuse, changement de secteur professionnel. Des incidents médicaux ont parfois créés l’angoisse dès le premier trimestre ou dans une grossesse précédente et il est urgent de rétablir la sécurité psychique car une ombre pèse déjà au dessus du berceau. Cette fragilité parentale doit faire l’objet d’attention et de bienveillance afin de rétablir la paix qui va permettre un bon déroulement de la suite. Avec les transformations du deuxième trimestre, il est temps de proposer des outils pour adoucir les maux du corps qui surgissent peu à peu, de mettre l’accent sur l’équilibre alimentaire pour lutter en prévention contre mal être et le diabète gestationnel. D’autant que les échographies qui ont permis de découvrir l’enfant avec émotion, font déjà apparaître des “écarts” de croissance qui polarisent toute l’attention des soignants et la peur des parents : trop petit ou trop gros , le voilà déjà stigmatisé par l’équipe et inscrit dans des courbes types dont il ne fait pas bon de s’écarter !! C’est pourtant avec le stress et l’insécurité psychique que le retard de croissance s’aggrave ou que la Menace d’accouchement prématurée devient risque réel. Pourtant d’autres pays comme la Grande Bretagne ne dispose pas de ce concept, et n’ont guère plus de prématuré que la France ! Apporter un suivi de grossesse humaniste opère une sacré différence et des actions de prévention UNE FEMME / UNE SAGE FEMME permettent de réduire les grossesses à risques. A partir de cet entretien précoce, le couple décline ses doutes, ses peurs, et ses attentes . Cela permet de construire un projet individuel et adapté aux besoins qui va se développer au cours du troisième trimestre : séance individuelle pour mineure séance avec interprète médiatrice si problèmes de langue séance adaptée à certains handicaps (mal voyant, surdité) séance courtes si troubles de la personnalité Puis pratique diverses dirigées vers Yoga, piscine, sophrologie, haptonomie, acupuncture, réflexothérapie chant prénatal, pratiques corporelles de postures De Gasquet. Rencontre partagées entre pères expérimentés et futurs parents, entre femmes qui ont allaité, eu un prématuré ou une césarienne et mères qui le redoutent. Autant de pratiques qui permettent au couple de dialoguer et de choisir les outils qui permettront de les aider à franchir la naissance de l’enfant comme une expérience active. En effet s’impliquer dans l’ACTE de faire naître et une orientation différente que de “se faire accoucher”.

Chaque fois que le SUJET prend la parole pour engager sa volonté dans ce moment , qu’il explore la force de son désir, il s’élève et reçoit en retour les effets surprenants qui émanent de ces capacités découvertes et méconnues de lui même. C’est “la mère qui naît” , c’est le père qui advient de ces rencontre de Préparation à la Naissance et à la Parentalité (HAS ) quand l’équipe sait accueillir avec RESPECT ET MISER SUR LES COMPETENCES DES PARENTS. Mais sans utopie, il faut prévoir après la naissance l’accompagnement du moment de la séparation. Après l’enthousiasme de la présence ressentie dans le corps, vient le vide de la perte de cet objet vivant qui se logeait au creux de l’habitacle maternel. Comment supporter cette absence, qui semble peu compréhensible à l’entourage et qui fait pourtant l’objet de graves dépressions postnatales ? Sur quels appuis déjà construit se reposent les parents ? Sont ils isolés, expatriés, sans ressources, exposant l’enfant à des risques plus important ? Accepteront-ils les mains qui se tendent pour les accompagner, pour VEILLER SUR leur « Devenir parents » et non les surveiller, comme ils le reprochent parfois. Cette délicate nuance doit faire le fruit d’une attention particulière, qui pourrait risquer de faire échouer un projet. Toute attention doit viser à donner le maximum de bien être au bébé et surtout le leur faire ENTENDRE. C’est leur souhait le plus profond qu’il échappe à la répétition qui les a fragilisé. Quel modèle leur donne t-on pour permettre qu’ils apprennent à se faire confiance pour y arriver ? Un toucher prudent du bébé, un geste délicat pour le retourner pour un soin, tenir la nuque ou savoir le poser et se faire relayer quand il y a VISIBLEMENT UN IMPOSSIBLE A SUPPORTE POUR EUX. Si l’approche d’une équipe est perçue comme une « Menace », si elle réactive des tensions antérieures propres à l’histoire des parents dans ses rapports à un signalement ( placements, famille d’accueil ), comment donner de la réassuance. Seul les formations d’analyse des pratiques nous permettent d’expérimenter avec les spécialistes de la petite Enfance et de la pédopsychiatrie, ce que porte nos pratiques et les faux pas analysés au sein du Réseau. Dans les Staff obstétricaux pédiatriques. ( initié au Havre JP Chabrolle aujourd’hui Chef de Pôle de futur PFME) , préparer avec tous les acteurs professionnels des réseaux les relais : PMI, pédiatre, centre parental, psychologue, pédopsychiatrie, mais aussi assistante sociale, Technicienne d’intervention Sociale et Familiale, aide à domicile. Un suivi médical adapté et une fois de plus sur mesure, avec les médecins généralistes, les spécialistes, les sages femmes libérales et territoriales. Par le maintien d’un LIEN continue durable et souple en POST NATAL. Par la création d’un LIEU où l’on est attendu.

Un LIEN où l’attention porte sur le vécu du devenir parent. Un groupe POST NATAL, véritable ACCUEIL DE LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE, donne à chacun la possibilité de DIRE, là où il en est. Visite à domicile de la sage femme, consultation de soins de suite après les séjours courts ou les Hospitalisations à domicile, groupe d’entraide mutuelle dans les associations ou au sein des coordinations pédo psychiatriques. Protéger l’allaitement entre dans le Plan Prévention Nutrition Santé, prévenir la maltraitance fait l’objet d’un soucis constant de toutes les équipes, informer les parents des gestes de prévention pour réduire mort subite, ou accidents domestiques. Mais l’ensemble de ces valeurs ne peut constituer un “package” à ingurgiter en préparation à la Naissance. Il faut respecter le temps logique des parents : la préparation de chaque parent à devenir mère et père ( souvent plus abstraite pour eux), le moment de s’affronter à l’ACTE de faire naître avec tous les aléas de surprises, le temps de se faire CONFIANCE, qui se situe dans les six premiers mois d’une naissance. C’est aussi une période de risques majeures pour le couple désorienté et pour le bébé qui est arrivé dans une situation où il est très vulnérable. Comme ces parents, il va intégrer les forces de peur, ou de sécurité aux premiers moments de sa petite vie, là où son CORPS EPONGE TOUTES LES SENSATIONS, où les bruits l’envahissent, où les voix devraient se faire douce et protectrice, où les premiers REGARDS sont des signes d’une présence attentive ou absente. A nous de soutenir cette période ESSENTIELLE, à une naissance humanisée, loin des statistiques et des durée de séjour, c’est une ATTENTION PROFONDE qu’il faut apporte aux parents pour les valoriser et leur redonner confiance chaque fois que le doute a surgi pendant la grossesse. Apprenons le poids des mots, et faisons nous les “passeurs” pour permettre aux générations futures de recevoir plus de sécurité, interrogeons nous pour savoir si l’hyper médicalisation ne participe t”elle pas à une dérive. La médecine doit nous apporte un progrès, mais ne saurait agir là où ses résultats semblent aller à l’opposer de ses buts.Soyons garants dans nos pratiques de la présence des soignants auprès des femmes par des effectifs suffisants, des temps de réflexions entre professionnels pour repérer les failles du système. C’est ce témoignage fabuleux qu’ont rendu les parents dans un atelier d’écriture et les préconisations qui peuvent être un point d’appui pour réfléchir à nos pratiques professionnelles à évaluer. C’est dans le cadre d’un projet culture à l’Hôpital initié, grâce à l’ Agence régionale d’Hospitalisation de Haute Normandie, le GHH du Havre, le ministère de la santé et INFOpéRINAT, qu’ont été recueillis les effets thérapeutiques des suivis personnalisés et de l’attention auquel les droits du patient ( Loi 2002) peuvent prétendre.. Qu’Eric Duteil, concepteur du projet, Françoise Edmonde Morin Auteur rédactrice, Me Beaucousin directrice communication et Catherine François cadre du Pôle soient remercier de l’attention particulière qu’ils ont apporté à ce COLECTIF de parents, tous investis à transmettre la mémoire de la maternité Flaubert qui a abrité ces expériences depuis 25 ans.

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2 avis so far.

  1. Hélène a dit :

    Que pensez-vous de l’arrêté du 23 juin 2009 concernant la possibilité pour les futures mères de recourir à un dépistage combiné de la trisomie 21 au 1er trimestre de grossesse?

  2. martine d a dit :

    Et bien il me semble que cela est utile de rendre ce parcours de dépistage plus précoce. Il porte tellement de “menace” sur la grossesse, que plus vite les parents sont soulagés, mieux c’est ! il semble qu’il permet de réduire le nombre d’amniocentèse, mais là je ne suis pas des plus expertes…il faut du recul pour apprécier l’après coup de ce choix !

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